« La physique médicale (medical physics) se rapporte principalement à l’utilisation des rayonnements ionisants à des fins diagnostiques ou thérapeutiques. Cette utilisation constitue un apport majeur au dispositif national de santé. Elle a à son actif, tous les ans, l’exploration diagnostique de plusieurs dizaines de millions de patients et la guérison de près de 100 000 patients atteints de cancer. Lors de cette utilisation, compte tenu de la nécessité pour les médecins spécialistes de contrôler précisément la quantité de rayonnement permettant d’obtenir le résultat recherché en faisant courir un minimum de risque au patient (principe d’optimisation), une profession s’est développée au niveau international, celle de physicien médical. Elle est exercée par des scientifiques non médecins, qui ont acquis une compétence spécifique et qui jouent un rôle important dans la qualité et la sécurité des soins, pour tout ce qui touche aux aspects scientifiques et techniques de l’utilisation des rayonnements ionisants.

[…] Les physiciens médicaux interviennent dans 3 domaines principaux : la radiothérapie (radiothérapie externe et curiethérapie), la médecine nucléaire (utilisation des sources non scellées dans un but diagnostic et thérapeutique) et la radiologie (radiodiagnostic conventionnel, radiologie interventionnelle et imagerie médicale en général). Dans chacun de ces trois domaines, le physicien contribue au maintien et à l’amélioration de la qualité et de la sécurité. Si l’utilisation des rayonnements ionisants est prépondérante dans ces spécialités médicales et nécessite, de la part des physiciens, des connaissances et une compétence spécifique, le champ d’action des physiciens s’étend progressivement à l’ensemble des agents physiques utilisés à des fins de diagnostic et de traitement (ultrasons, ondes hyperfréquences, champs magnétiques, lasers…). » extrait du guide des bonnes pratiques de physique médicale.

Missions de la SFPM

La SFPM est une société scientifique qui regroupe les personnes professionnellement engagées dans des activités de physique médicale en milieu hospitalier public ou privé à but non lucratif ou libéral.

Ses objectifs sont scientifiques et professionnels. Sur le plan scientifique, sa vocation est de promouvoir, rassembler, organiser les travaux scientifiques dans l’intérêt commun et de les communiquer à ses membres.

Sur le plan professionnel, les objectifs sont de répondre aux préoccupations et aux interrogations de ses membres sur l’exercice de leur profession afin d’émettre des propositions et des recommandations.

L'association développe ses activités autour des quatre orientations :

  • culture scientifique,
  • relations professionnelles,
  • promotion de la physique médicale,
  • exercice professionnel de la physique médicale.

L'association doit en particulier favoriser :

  • le perfectionnement professionnel de ses membres par l'information et la mise à jour des connaissances,
  • l'ouverture sur des sujets nouveaux ou complémentaires,
  • les relations professionnelles entre ses membres par le développement de la communication et la création des groupes de travail,
  • les manifestations assurant la promotion des activités de ses membres auprès des communautés scientifiques, médicales ou des organismes gouvernementaux,
  • les réflexions sur l’éthique et l’exercice professionnel de la physique médicale.

La revue scientifique officielle de la SFPM est le journal Physica Medica : European Journal of Medical Physics. Les membres de la SFPM dispose d’un accès en ligne intégral à la revue.

Le siège social de l’association est situé au Centre Antoine Béclère, 45 rue des Saints Pères, 75270 Paris Cedex 06.

Histoire de la profession

« C’est en France, en 1779, que la terminologie « physique médicale » a vu le jour grâce à Félix Vicq d’Azyr, secrétaire de l’Académie Royale de Médecine. Cette institution, composée à la fois de médecins et de scientifiques non médecins, avait fait paraître entre 1779 et 1798 une revue intitulée « Les Mémoires de Médecine et de Physique Médicale ». Toutefois ce n’est qu’après la découverte des rayons X en 1895, de la radioactivité en 1896 et à la suite du développement extrêmement rapide de leurs applications en médecine, que cette terminologie s’est progressivement imposée. De fait, la première radiographie de la main de Röntgen, faite dès 1895, illustre parfaitement l’apport de la physique à la médecine. Les applications thérapeutiques sont également intervenues très tôt, dès 1896. Pendant les vingt premières années qui ont suivi la découverte des rayons X et de la radioactivité, l’utilisation médicale des rayonnements ionisants a été essentiellement empirique. La création en 1925 de l’ICRU (International Commission on Radiation Units and Measurments) a constitué une étape majeure dans la standardisation des grandeurs utilisées pour quantifier les rayonnements.

Les années 1950 ont vu la spécialité de « physique médicale » (« medical physics ») se développer de manière conséquente, essentiellement en Angleterre, en Suède, au Canada et aux Etats-Unis, avec la création d’un nombre important de postes de spécialistes scientifiques non médecins intervenant directement dans les hôpitaux, en particulier en radiothérapie.

En France, la progression a été plus lente. La liste suivante résume les étapes les plus marquantes de cette évolution, dans la période comprise entre 1953 et 2007. La présentation de ce tableau permet de différencier les évènements liés respectivement à la profession, à la formation et à la réglementation. » extrait du guide des bonnes pratiques de physique médicale.

1953

Création du premier poste de « radiophysicien » en France.

1963

On compte trois postes de radiophysiciens en France (2 à Villejuif, 1 à Caen).

1968

Première réunion informelle des radiophysiciens en poste dans les hôpitaux : 14 participants, y compris des collègues belges et suisses.

1969

Arrêté du 23/04/1969 imposant la présence d’un physicien plein temps, agréé par le ministre de la Santé, dans tout établissement pratiquant la radiothérapie par accélérateurs de particules.

1970

Création du Diplôme d’Etude Approfondies (DEA) en Physique atomique, option « Physique Radiologique » associant la faculté des Sciences de Toulouse et la faculté de Médecine de Paris.

1972

Création de la Société des Physiciens des Hôpitaux d’Expression Française (SPHEF).

1973

Affiliation de la SPHEF à l’Organisation Internationale de Physique Médical (IOMP).

1977

Arrêté du 28/02/1977 sur la « qualification des radiophysiciens » précisant les conditions pour obtenir l’agrément (DEA de physique radiologique + stage hospitalier de durée non précisée).

1980

Affiliation de la SPHEF, en tant que membre fondateur, à la Fédération Européenne de Physique Médicale (EFOMP).

1981

Publication d’un rapport SPHEF intitulé « Rôle et Responsabilité du Physicien d’Hôpital ».

1982

La SPHEF devient la Société Française des Physiciens d’Hôpital (SFPH).

1984

Directive européenne 84/466 du 3/09/1984 relative à la protection des personnes exposées aux rayonnements à des fins médicales — elle précise qu’un « spécialiste qualifié en radiophysique médicale doit être affecté aux installations lourdes de radiothérapie et médecine nucléaire ».

1988

Arrêté du 8/08/1988 précisant le contenu du dossier à produire pour toute demande d’installation de médecine nucléaire (nom et n° d’agrément du radiophysicien présent au moins à temps partiel).

1997

Arrêté du 3/03/1997 portant création du Diplôme de Qualification en Physique Radiologique et Médicale (DQPRM) à l’Institut National des Sciences et Techniques Nucléaires, ouvert aux titulaires du DEA de Toulouse — la durée des stages hospitaliers, qui n’avait jamais été définie réglementairement, passe en pratique de 2 à 8 mois.

Directive européenne 97/43 du 30/06/1997 (en remplacement de la 84/466) qui introduit le terme d’« expert en physique médicale » et qui précise son rôle et la nécessité de son implication en radiothérapie, médecine nucléaire et radiologie.

1999

La SFPH devient la Société Française de Physique Médicale (SFPM).

2001

Publication du rapport (SFPM 2001) soulignant le sous-effectif et le manque de reconnaissance de la physique médicale.

2003

Décret du 24/03/2003 transposant dans le droit français la directive 97/43 : la « personne spécialisée en radiophysique médicale » (PSRPM) doit jouer un rôle en matière d’optimisation dans l’utilisation médicale des rayonnements ionisants.

Mise en œuvre de la réforme LMD (Licence/Master/Doctorat) avec la transformation du DEA de Toulouse et la création de nouveaux masters de physique médicale à l’université Paris XI et à celle de Lyon — Grenoble.

2004

Arrêté du 19/11/2004 précisant la formation requise, les missions et les conditions d’intervention de la PSRPM. L’agrément est remplacé par la qualification obtenue automatiquement par les titulaires du DQPRM.

2005

Arrêté du 7/02/2005 fixant la liste des masters permettant d’accéder au DQPRM.

2006

Emotion suscitée par l’accident de radiothérapie survenu à Epinal, accident qui révèle de manière flagrante l’importance du rôle joué par les physiciens médicaux et l’insuffisance des effectifs.

2007

Renforcement de la réglementation, mise en place de nombreux groupes de travail, mesures pour renforcer la sécurité dans l’utilisation médicale des rayonnements et plus particulièrement en radiothérapie ; rôle croissant de l’Autorité de Sûreté Nucléaire dans le domaine des applications médicales ; objectif de doubler le nombre de physiciens en 5 ans.

2007

Décret du 21/03/2007 sur les conditions techniques du traitement des cancers : la préparation de chaque traitement (radiothérapie externe, curiethérapie, médecine nucléaire) doit être validée conjointement par un médecin spécialiste et par un physicien médical.

2011

Arrêté du 6 décembre 2011 relatif à la formation et aux missions de la personne spécialisée en radiophysique médicale et à la reconnaissance des qualifications professionnelles des ressortissants étrangers pour l'exercice de ces missions en France

2013

Directive Européenne 2013/59/Euratom du Conseil du 5 décembre 2013 fixant les normes de base relatives à la protection sanitaire contre les dangers résultant de l'exposition aux rayonnements ionisants et abrogeant les directives 89/618/Euratom, 90/641/Euratom, 96/29/Euratom, 97/43/Euratom et 2003/122/Euratom.

2015

Loi n°2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé ; Article 216, alinéa IV : Dans les conditions prévues à l’article 38 de la Constitution et dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement est autorisé à prendre par ordonnances les mesures relevant du domaine de la loi permettant de reconnaître la profession de physicien médical comme profession de santé.

2017

Ordonnance n°2017-48 du 19 janvier 2017 relative à la profession de physicien médical ; 

  • Article 1er : Le livre II de la quatrième partie du code de la santé publique est ainsi modifié : 
    • 1° L’intitulé du livre est ainsi rédigé : « Professions de la pharmacie et de la physique médicale » ;
    • 2° Après le titre IV, il est inséré un titre V ainsi rédigé :
      TITRE V : PROFESSION DE PHYSICIEN MÉDICAL ; CHAPITRE Ier : Règles liées à l’exercice de la profession : Art. L. 4251-1. – Le physicien médical exerce au sein d’une équipe pluri-professionnelle. Il apporte son expertise pour toute question relative à la physique des rayonnements ou de tout autre agent physique dans les applications médicales relevant de son champ d’intervention. Il est chargé de la qualité d’image, de la dosimétrie et de l’exposition aux autres agents physiques. Il s’assure notamment que les équipements, les données et procédés de calcul utilisés pour déterminer et délivrer les doses et les activités des substances radioactives administrées au patient sont appropriés et permettent de concourir à une optimisation de l’exposition aux rayonnements ionisants. Les missions et les conditions d’intervention du physicien médical, en radiothérapie, en médecine nucléaire et en imagerie médicale, notamment les actes réalisés sur prescription médicale, sont définies par décret en Conseil d’Etat, pris après avis de l’Académie nationale de médecine.